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Home page > Professor Walter Kohn (Nobel Prize for Chemistry in 1998) and the LPS

C’est Paris que Walter Kohn a choisi comme lieu pour célébrer la longue amitié qui le lie à l’Europe et à la France en particulier. Une réunion autant amicale que scientifique s’est tenue le 30 Mai 2003 en sa présence à l’École Normale Supérieure à l’occasion de son 80ème anniversaire.

À plusieurs titres, Walter Kohn est une personnalité hors du commun. Son parcours scientifique a été profondément marqué par une jeunesse dans le milieu intellectuel et artistique de Vienne, soumis aux persécutions nazies. Il eut cependant la chance de pouvoir quitter l’Autriche pour l’Angleterre en 1939, malheureusement sans ses parents qui furent victimes de la barbarie nazie. Grâce à l’un des derniers convois navals britanniques, il parvint à gagner le Canada en 1940. Le travail de bûcheron ou chercheur d’or lui permet de subvenir au coût d’études supérieures en physique et mathématiques. C’est à l’Université de Toronto qu’il obtint son diplôme de Maîtrise en Sciences mais sa thèse de Doctorat se déroula dans la prestigieuse Université d’Harvard sous la direction du professeur Schwinger dans le domaine de la physique des particules. Durant les années qui suivirent, Walter Kohn, à la suggestion du professeur Van Vleck, s’orienta vers la physique de l’état solide. Dans les années 50, il fréquenta le laboratoire de Bell-Telephone à Murray Hill qui était à l’époque l’un des hauts lieux de la physique des solides. C’est de cette époque que date, entre autres, son excellent travail sur les impuretés dans les semiconducteurs comme le silicium ou le germanium et encore l’anomalie dans la courbe de dispersion des phonons de conducteurs plus particulièrement de basse dimensionnalité connue sous le nom “ d’anomalie de Kohn ”.

Un séjour sabbatique à l’École Normale Supérieure en 1963 fut l’occasion pour Walter Kohn de développer la théorie de la fonctionnelle de la densité qui l’orienta vers la chimie théorique au milieu des années 80. Ses travaux dans ce domaine furent récompensés par le prix Nobel de Chimie 1998 partagé avec le professeur John A. Pople. Les liens entre Walter Kohn et la France ont toujours été très forts. Il eut l’occasion d’enseigner à la première école des Houches en 1951, puis établit des contacts scientifiques et amicaux avec le laboratoire de Physique des Solides dirigé alors par Jacques Friedel. Walter Kohn se qualifie souvent comme le " transformé de Fourier " de Jacques Friedel. Plusieurs chercheurs de notre laboratoire ont eu le privilège de pouvoir effectuer des séjours post-doctoraux ou de longues visites chez le professeur Kohn à l’Université de Californie, La Jolla et Santa Barbara. Walter Kohn a eu une influence importante sur le développement de la physique des conducteurs unidimensionnels du laboratoire. A partir de 1970, des liens étroits furent établis avec le CECAM d’Orsay dirigé par Carl Moser.

Les qualités scientifiques exceptionnelles de Walter Kohn n’avaient pas échappé à la perspicacité de l’Université Paris-Sud, qui lui attribua un titre de docteur Honoris Causa (l’un des premiers de l’Université).

Le personnage scientifique ne doit cependant pas faire oublier le grand humaniste qu’est aussi Walter Kohn. Ayant traversé les sombres années du nazisme en Autriche, Walter Kohn ne se considère pas comme pacifiste mais comme un fervent soutien pour le respect des droits de l’homme. Il a œuvré pour le désengagement de grands laboratoires américains dans la course aux armes nucléaires. Très récemment, il fut l’initiateur d’une lettre ouverte réunissant la signature de très nombreux lauréats Nobel américains soulignant les risques d’un conflit au Moyen Orient.

Avec ses travaux, Walter Kohn fait partie du patrimoine scientifique mondial. Que le laboratoire puisse faire partie de ses amis est un grand honneur pour le Laboratoire de Physique des Solides.

D. Jérome et C. Sommers
DR - CNRS
Laboratoire de Physique des Solides, Orsay